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Prévoyance kinésithérapeute : pourquoi le régime CARPIMKO ne suffit pas en 2026

Un kinésithérapeute libéral cotise à la CARPIMKO et au régime PAMC. Mais ces régimes laissent un gap important en cas d'arrêt long. Décryptage et solutions.

Réponse courte : Kinésithérapeute libéral ? Le régime CARPIMKO laisse un gap majeur en cas d'arrêt de travail prolongé. Voici comment calibrer votre prévoyance complémentaire en 2026.

Le kinésithérapeute libéral conventionné en France relève à la fois du PAMC (Praticiens et Auxiliaires Médicaux Conventionnés) pour l'assurance maladie et de la CARPIMKO pour la retraite et la prévoyance invalidité-décès. Ce double dispositif obligatoire est souvent perçu comme « suffisant » par les jeunes kinés — c'est une erreur statistique qui peut coûter cher.

Ce guide explique pourquoi un kiné libéral en 2026 a besoin d'une prévoyance complémentaire individuelle, comment la calibrer, et combien cela coûte réellement après déduction fiscale.

Le double régime obligatoire

Un kiné libéral cotise à deux organismes :

  • PAMC (via URSSAF) pour l'assurance maladie obligatoire — c'est lui qui verse les indemnités journalières en cas d'arrêt maladie.
  • CARPIMKO pour la retraite (base + complémentaire) et pour une prestation d'invalidité-décès.

Cette structure est moins favorable qu'on ne le pense, et pour deux raisons précises.

Pourquoi le régime obligatoire ne suffit pas

1. Les indemnités journalières PAMC sont basses

En 2025, l'IJ obligatoire PAMC pour un kiné conventionné est d'environ 56 €/jour après une carence de 3 jours en cas de maladie ordinaire. Sur un mois, cela représente environ 1 700 €.

Or le revenu net médian d'un kiné conventionné est de 3 800 €/mois selon les chiffres CARPIMKO. Le régime obligatoire couvre donc environ 45 % du revenu — bien en-dessous du seuil de 70 % qui permet de maintenir un niveau de vie acceptable.

2. La prestation invalidité CARPIMKO est calibrée pour les cas extrêmes

La CARPIMKO verse une rente d'invalidité, mais elle ne se déclenche que sur des invalidités lourdes (généralement > 66 %) et calculée selon un barème qui ne reflète pas le revenu réel récent. Un kiné touché par un TMS qui réduit sa capacité d'exercice de 30-50 % (donc invalidité partielle) ne sera pas indemnisé par la CARPIMKO — alors qu'il peut perdre 30-50 % de son revenu.

Un métier statistiquement à risque

Le kiné est l'une des professions médicales les plus exposées aux troubles musculo-squelettiques (TMS) :

  • Lombalgies (le n°1 des arrêts longs chez les kinés).
  • Tendinites du poignet, de l'épaule.
  • Syndrome du canal carpien.
  • Cervicalgies chroniques.

À cela s'ajoute le burn-out, particulièrement chez les kinés exerçant en zone rurale ou semi-rurale (forte demande, peu de confrères pour se relayer). Les enquêtes professionnelles montrent que la durée moyenne d'un arrêt long chez un kiné est supérieure à la moyenne nationale.

Calibrer sa prévoyance complémentaire

Les 3 garanties indispensables

  1. Indemnités journalières (IJ) complémentaires. Pour combler le gap entre l'IJ PAMC et 70-80 % du revenu net. Pour un kiné à 3 800 €/mois, viser une IJ complémentaire de 50-70 €/jour à partir de la fin de carence souhaitée.
  2. Garantie invalidité partielle. Couvre l'invalidité dès 16-33 %, calculée prorata. C'est la garantie clé pour les TMS qui ne passent pas le seuil 66 % de la CARPIMKO.
  3. Capital décès / rente conjoint et enfants. Pour protéger la famille — généralement 2 à 4 ans de revenus en capital.

Les 3 critères de calibrage

  • Franchise. 3, 7, 15, 30 ou 90 jours. Plus courte = cotisation plus élevée. Recommandation : 7 ou 15 jours pour un kiné qui n'a pas une grosse trésorerie de réserve.
  • Plafond IJ. Au minimum 100 % du revenu net mensuel. Idéalement avec clause de revalorisation annuelle indexée sur l'inflation.
  • Définition de l'invalidité. Privilégier les contrats avec définition « profession exercée » plutôt que « toute profession ». Un kiné devenu inapte à la kiné mais capable de faire un travail de bureau doit être considéré comme invalide.

Le levier fiscal Madelin

Un kiné en BNC réel peut déduire ses cotisations de prévoyance dans la limite de 3,75 % du BNC + 7 % du PASS (plafond combiné santé + prévoyance, dans la limite de 3 % de 8 PASS).

Exemple : pour un kiné avec BNC 45 000 € en TMI 30 %, une cotisation prévoyance de 150 €/mois (1 800 €/an) « coûte » en net environ 1 260 €/an après défiscalisation — soit 105 €/mois réels.

Pièges classiques chez les kinés

  • « La CARPIMKO suffit ». Faux pour une majorité de cas. La CARPIMKO ne couvre ni l'IJ maladie courante (c'est le PAMC qui paie, et peu), ni l'invalidité partielle.
  • Franchise trop longue. Beaucoup de kinés signent à 30 ou 90 jours pour baisser la cotisation, mais ne tiennent que 10-15 jours sans revenu. À reconsidérer.
  • Pas de revalorisation IJ. Un contrat signé à 50 €/jour il y a 10 ans est devenu peu protecteur avec l'inflation. À vérifier dans les clauses.
  • Exclusion des TMS. Certains contrats anciens excluent ou plafonnent les TMS « professionnels ». À fuir pour un kiné.

Combien ça coûte en pratique

Pour un kinésithérapeute libéral conventionné en métropole, sans antécédent particulier :

  • Kiné 30 ans, BNC 45 000 € : prévoyance bien calibrée ~80-110 €/mois (avant déduction Madelin, ~55-77 €/mois après).
  • Kiné 45 ans, BNC 60 000 € : prévoyance ~140-180 €/mois (~84-108 €/mois après déduction TMI 41 %).
  • Kiné 55 ans, BNC 75 000 € : prévoyance ~200-280 €/mois selon antécédents.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce que la CARPIMKO ?

La CARPIMKO (Caisse Autonome de Retraite et de Prévoyance des Infirmiers, Masseurs-Kinésithérapeutes, Pédicures-Podologues, Orthophonistes et Orthoptistes) est la caisse de retraite et de prévoyance spécifique de ces 5 professions paramédicales libérales. Elle gère la retraite de base, la retraite complémentaire, et une prestation d'invalidité-décès.

Le régime obligatoire d'un kiné couvre-t-il un arrêt maladie ?

Très partiellement. Le PAMC verse une IJ d'environ 56 €/jour (2025) après 3 jours de carence en cas d'arrêt maladie ordinaire. Pour un kiné gagnant ~3 800 €/mois en moyenne, cela représente ~45 % de remplacement du revenu net. Le gap moyen est de l'ordre de 1 000 €/mois sans complémentaire.

Le métier de kiné présente-t-il un risque particulier ?

Oui. Les kinés sont exposés aux troubles musculo-squelettiques (TMS) — lombalgies, tendinites du poignet et de l'épaule, syndrome du canal carpien — en raison du travail manuel répété. Le taux d'arrêt de travail pour TMS est significativement supérieur à la moyenne nationale. Une bonne prévoyance avec couverture invalidité partielle est donc particulièrement importante.

Les cotisations prévoyance kiné sont-elles déductibles fiscalement ?

Oui via la loi Madelin si le contrat est conforme. Pour un kiné en BNC réel, les cotisations de prévoyance sont déductibles du revenu imposable dans la limite de 3,75 % du BNC + 7 % du PASS (santé + prévoyance combinées). Cela peut représenter une économie de 30-45 % sur le coût net de la cotisation.

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